Alain Borer


Depuis Rimbaud en Abyssinie, (Éditions du Seuil, Fiction & Cie, 1984), le nom d’Alain BORER (1949, Luxeuil, Haute-Saône) est attaché à celui d’Arthur Rimbaud, auquel il a consacré trente ans de sa vie. Partant dès 1976 pour l’Éthiopie sur les traces du poète, il rapportait un film (Le Voleur de feu, TF1, 1978), puis démontrait l’unité profonde de « l’OEuvre-vie » rimbaldienne (Rimbaud, l’Heure de la fuite, Gallimard-Découvertes, 1991, L’OEuvre-vie, édition du centenaire, Arléa, 1991). Roland Barthes a écrit d’Alain Borer : « chez lui l’art de vivre et l’artd’écrire se confondent. » Il est vrai que ce grand voyageur, auteur de nombreux récits de voyages (Le Ciel & la Carte, Seuil, 2008) mène aussi une oeuvre poétique et théâtrale riche et contrastée, composée de petits textes extrêmement concentrés (Loups plats, 2006) ou de longues pièces d’inspiration astrophysique (Pour l'amour du ciel, Radio France, coll. Poétiques, 1996) et pataphysique (Bestiaire). Son livre, Icare & I don't, « vaudevilles métaphysiques » (Seuil, 2006), illustre à merveille cet alliage rarissime de poésie et de drôlerie, de légèreté et de profondeur — où s’entend pleinement la voix de celui que Philippe Soupault appela « le grand écrivain des années à venir ».

Alain Borer est également critique d’art (Dürer, Beuys), essayiste (Saint-Martin ou de la coupabilité, Chambord, Hugo Pratt), et romancier (Koba, Seuil, coll. Fiction & Cie, Prix Kessel de la SCAM, 2003). Il élabore le concept de « noème » dans un ouvrage théorique sur le langage poétique.

Professeur d’enseignement artistique à l’École supérieure des Beaux-Arts de Tours, visiting professor en littérature à Los Angeles (USC), Alain Borer a reçu le Prix Édouard Glissant 2005 décerné par l’Université de Paris VIII pour l’ensemble de son oeuvre.



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